
"Le
temps s'était radouci; la pluie s'en était allée
et le doux soleil du soir brillait quand nous arrivâmes
à Amboise. Ici encore ce sont de ces bonnes rues de province
comme à Blois : on y cause sur les portes, on y travaille
dehors; les femmes, presque toutes brunes, de figure douce et
remarquablement jolies, ont d'excellents airs féminins,
plein de bénignité voluptueuse. Vous êtes
en effet dans ce gras et doux pays de Touraine, pays du bon petit
vin blanc et des beaux vieux châteaux et qu'arrose la Loire,
le plus français des fleuves français. Les poses
et les allures retiennent quelque chose du calme du Nord; tandis
que la vivacité du midi anime, dans l'expression, le sourire;
et cependant, malgré le caractère bâtard qui
résulte ordinairement de la fusion de nuances opposées,
la Touraine me paraît avoir une originalité distincte,
pas bien forte il est vrai, mais fine, intime, qui n'est ni prose
ni poésie et qui s'exprimerait, je crois, d'un seul mot,
si je ne craignais qu'on ne le prît dans une acception trop
élevée : ce serait celui de la prose chantée."
Ces mots sont de Gustave Flaubert qui explora la région
lors de son Voyage en Bretagne.

Un autre écrivain, amoureux de la Touraine, décrit
ces lieux de "la prose chantée" avec tendresse
et respect. Honoré de Balzac, né à Tours
en 1799, nous livre avec ses délices une description de
son pays natal dans Le lys dans la vallée. [...]
Le
château d'Amboise fut la résidence principale du
roi Charles VIII et de la reine Anne de Bretagne. Tous deux s'entourèrent
d'une cour cultivée et fastueuse. Charles VIII revint victorieux
de son expédition en Italie et ramena avec lui une vingtaine
d'artistes italiens : architectes, peintres, tapissiers, tisseurs,
architectes jardiniers, philosophes, poètes, astrologues
et ornemanistes. Cet apport italien va enrichir l'histoire de
l'art d'un nouveau style : la Première Renaissance (1496-1546).
Le château d'Amboise bénéficia d'ailleurs
des aménagements conçus par ces artistes italiens
et changea peu à peu de visage.
Découvrons
les impressions de Gustave Flaubert au pied du château :
[...]
Au
roi Charles VIII, décédé prématurément
à 28 ans des suites d'un accident ou d'un empoisonnement
(on ne le saura jamais !), succéda Louis XII puis François
Ier. Ce dernier achève les transformations apportées
à Amboise. En 1516, le jeune roi invite en France Léonard
de Vinci et l'installe au Clos-Lucé, près du château
royal. Dans la cour humaniste de François Ier, le génie
italien s'entretient régulièrement avec le roi,
sa soeur Marguerite de Navarre ou sa mère Louise de Savoie.
Pendant trois ans, Léonard de Vinci va poursuivre ses recherches
pluridisciplinaires et laissera à sa mort, en 1519, trois
tableaux au roi dont la Joconde.
Les
guerres de religion n'épargnèrent pas ce château.
En effet en 1560, la conjuration d'Amboise y fut réprimée
dans le sang. Mené par Condé et dirigé par
La Renaudie, un gentilhomme protestant, le complot visait à
enlever le jeune roi François II pour le soustraire à
l'influence des Guise, adversaires acharnés des protestants,
et lui arracher la liberté de culte. Mais le secret est
percé et les conjurés sont exterminés un
à un dans une terrible répression : pendaison aux
balcons et créneaux
du château,
noyades dans la Loire, décapitations et autres tortures.
En 1563, un édit de tolérance fut signé à
Amboise et mit fin à la première guerre de religion.
Henry James, dans son Voyage en France, nous livre un aperçu
historique de ce lieu chargé de souvenirs : [...]
Amboise
sur le net :
Site
de la ville d'Amboise : dans la rubrique tourisme, vous trouverez
toutes les informations concernant le patrimoine et l'histoire
de la ville et des informations pratiques.
Le
château d'Amboise : histoire, patrimoine, seigneurs
d'Amboise, la Loire sont autant de sujets abordés dans
ce site.
La
région des pays de Loire vue par un passionné
d'histoire : les châteaux, les vins, les personnages célèbres,
les promenades ...